Les Graines Silencieuses: Parler de l'Environnement - Interview Sonadie San

Dans cette interview, Sonadie San, réalisatrice du court-métrage Les Graines Silencieuses, nous emmène dans les coulisses de son tournage et nous explique son parcours. Cette interview fait partie de notre collection "Films for a Change" : des court-métrages en faveur du changement social !

Fevr. 14, 2026 - 10:35
Fevr. 14, 2026 - 19:34
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Les Graines Silencieuses: Parler de l'Environnement - Interview Sonadie San

"Mon seul conseil est : ACTION"

Les Graines Silencieuses

Réalisé par Sonadie San

BIOGRAPHIE 

Sonadie San est réalisatrice et scénariste franco-khmère. Formée au théâtre avant de se consacrer au cinéma, elle développe un travail centré sur la direction d’acteurs et la mise en récit de trajectoires invisibilisées. Son parcours l’a menée à travailler en France comme à l’international, notamment en Belgique, au Canada, au Cambodge et au Brésil.

Son cinéma s’inscrit dans une démarche résolument engagée, interrogeant les questions d’identité, de transmission, de rapports de domination et de justice sociale. À travers la fiction, elle explore les tensions entre l’intime et le politique, donnant une place centrale aux corps, aux mémoires et aux savoirs marginalisés.

Elle a réalisé plusieurs courts métrages remarqués, parmi lesquels Ouvre les yeux, Ouro Preto, Le Souffle et Carmenicide. Sonadie San conçoit le cinéma comme un langage de liberté et un outil de transformation sociale.
Elle développe actuellement plusieurs projets de longs métrages.

Qu’est-ce qui t’a inspirée à susciter une discussion autour de ce sujet ? 

C’est ma sœur, parce qu’elle est très sensible aux enjeux du changement climatique. Depuis longtemps, elle essaie de nous sensibiliser, et surtout nos parents — notamment mon père, qui était paysan dans son pays d’origine.
Arrivé en France dans les années 1980, il a intégré l’idée que consommer de la viande, et en grande quantité, était un signe de réussite sociale et de bonne santé. Cette vision lui paraissait déjà excessive, mais à l’époque il voulait croire au modèle occidental.
Aujourd’hui, alors que le discours s’est inversé et qu’il s’y est adapté, il se retrouve mis en accusation — souvent par sa propre fille. Cette situation génère des conflits profonds, issus d’injonctions culturelles et économiques contradictoires.

En quoi dirais-tu que ton court-métrage explore ou propose un changement ?

Mon court métrage propose un autre point de vue, fondé sur un savoir-faire largement invisibilisé : celui des paysans issus de différents pays, arrivés en Europe comme réfugiés. Ce sont des personnes que l’on a fait taire, alors même qu’elles détiennent des connaissances précieuses et transmissibles.
Aujourd’hui encore, mon père est capable de concevoir et de transformer n’importe quel jardin, privé ou collectif. Le film affirme également que les personnes non blanches sont, elles aussi, directement concernées par les enjeux du changement climatique — non pas comme victimes abstraites, mais comme acteurs et détenteurs de solutions concrètes.

Quel a été le plus grand défi auquel tu as été confronté lors de la production de ton court Les Graines Silencieuses ? Comment l’as-tu surmonté ?

Le manque de temps a été un enjeu central : manque de temps pour l’écriture, pour la préparation, pour prendre du recul. Entre le début de l’écriture et la fin de la post-production, le film s’est fait en quatre mois.
J’ai donc choisi de travailler avec ce que j’avais, du mieux possible, en considérant ce projet comme un laboratoire de création. Je voulais mesurer ce dont j’étais capable dans un cadre temporel aussi contraint.
Ma manière de traverser cette contrainte a été de me challenger, plutôt que de la subir.

Pourquoi crées-tu ? Quelle est ta motivation, et qu’est-ce qui te pousse à explorer des thématiques liées au changement social ?

Ces questions me touchent profondément, parce qu’elles relèvent chez moi d’une nécessité vitale. Depuis l’enfance, je n’ai jamais réellement compris le monde qui m’entoure — et aujourd’hui, encore moins.
Le seul espace où je me sens libre de penser, de dire et de relier les choses, c’est le langage cinématographique. M’entourer de personnes qui partagent cette vision est ma principale source de motivation.
Et, presque de manière romantique, je me dis que si je devais mourrir demain, j’aurais au moins posé ma pierre à l’édifice, à mon échelle, dans ce désir de transformation sociale. Tous mes films s’inscrivent dans cette même ligne éditoriale.

Peux-tu partager un conseil à notre public de réalisateurs indépendants qui réalisent leur premier court-métrage ?

Mon seul conseil est : ACTION

Des projets à venir ? Parle-nous un peu de tes prochains travaux !

Oui, mon agent travaille actuellement à la recherche d’une société de production pour mes prochains films. Il s’agit de trois projets de longs métrages, tous fortement engagés.

Où peut-on voir ton travail ? Comment nos amis cinéastes peuvent-ils entrer en contact avec toi ?

Et si on veut plus en savoir sur mon travail, on peut m'envoyer un email : sansonadie@gmail.com

Regardez Les Graines Silencieuses sur indie-clips.com

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