Court ESRA du Mois #3 - Ensemble pour Toujours par Gabrielle Saillet

Jérome, réceptionniste dans un hôtel, n'arrive pas à admettre que sa gloire passée d'ancien membre d'un célèbre boysband a pris fin. Survient alors le décès de son ancien ami et membre du groupe. L'enterrement, au départ redouté, devient finalement le lieu d'un moment musical libérateur.

Août 24, 2026 - 21:31
Mis à jour: 18 jours Il y a
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Genre / Thème

Comédie, Deuil

Synopsis 

Jérome, réceptionniste dans un hôtel, n'arrive pas à admettre que sa gloire passée d'ancien membre d'un célèbre boysband a pris fin. Survient alors le décès de son ancien ami et membre du groupe. L'enterrement, au départ redouté, devient finalement le lieu d'un moment musical libérateur.

Indie-Clips Original Interview

Gabrielle Saillet — Ensemble pour Toujours

Gabrielle, peux-tu nous en dire plus sur toi et sur ton court-métrage Ensemble pour Toujours ?

Bonjour, je m’appelle Gabrielle, et j’ai réalisé Ensemble Pour Toujours en 2023 lors de ma seconde année à l’ESRA.

Dès le départ, je savais que je voulais me diriger principalement vers l’écriture, j’adore imaginer des histoires. J’aime particulièrement écrire des histoires qui vont faire passer un bon moment à leurs spectateurs, les faire rire, créer une ambiance chaleureuse et empreinte de nostalgie.

J'aime les histoires qui font grandir les enfants et aident les adultes à le redevenir.

J’ai travaillé auprès d’enfants et on se retrouve tout de suite confronté à d’énormes inégalités entre les enfants nés dans des familles qui les aime, les encourages, les entourent et, ceux nés dans des familles dysfonctionnelles, placés en foyers, avec des parents absents, alcooliques… par conséquent j’aimerai faire des films qui leur permettent à tous d’avoir un moment chaleureux, pour rêver, pour s’échapper, se sentir bien et en sécurité. Et par la suite, si ça peut les accompagner en grandissant à revoir ces films quand ils se sentent morose et que ça devient un “comfort movie” - j’aurai tout gagné.

C’est avec ça en tête que j’ai voulu construire un film autour de la nostalgie, un film réconfortant, empreint d’espoir. Un film qui parle de la difficulté de grandir, de perdre son âme d’enfant et de renoncer à ses ambitions et ses rêves pour survivre dans le monde des adultes.


Qu’est-ce qui t’as inspirée à susciter une discussion autour de ce sujet ?

Ce scénario est un hommage aux boys band pour lesquels j’ai toujours eu une aigre-douce fascination. Je les aime autant que leur mode de production me taraude. Malgré tout, ils ont toujours su alimenter ma culture populaire depuis l’enfance, m’amenant, dans ma tendre jeunesse, à tapisser mes murs de posters et à traîner mon pauvre papa, muni de boules quies, à un concert entouré de milliers de jeunes filles prépubères déchaînées.

Ce scénario est également un hommage à la nostalgie de l’enfance et du fait de grandir. Le chanteur de boysband est une figure représentative de l’adolescence. Ce personnage qui est toujours présenté comme parfait et souriant, cache derrière cette image idéalisée une sensibilité et une innocence qu’il perd. Cette prise de conscience par le personnage désamorce la naïveté adolescente rencontrant la réalité du monde adulte. Cependant, le film se termine avec l’optimisme de grandir en gardant une âme légère et teintée d'insouciance.


Quel a été le plus grand défi auquel tu as été confrontée lors de la production d’Ensemble pour Toujours ? Comment l’as-tu surmonté ?

Un des plus gros défis aura été de rendre crédible le boysband : photos, clip, tenues, identité visuelle, décors, danse et musique - j’étais devenue une productrice de musique pop des années 1990 !

Avec l'équipe qui composait la chanson, nous avons beaucoup échangé pour retrouver les codes précis de cette époque. L'objectif était que, dès les premières notes, le spectateur associe instinctivement cette chanson à un boys band de cette période.

J’ai surmonté le défi en faisant confiance à toute l’équipe qui travaillait sur le projet ; sans eux, il n’y a rien.


Peux-tu partager avec nous un moment, lors de la sortie ou de la distribution de ton court-métrage, où tu as senti qu’il avait réellement eu un impact sur le public ? Qu’as-tu ressenti, en tant que réalisatrice ?

Ce qui m’a rendue heureuse lors de la projection du film, c’était de voir l’engouement de l’équipe du court-métrage ! On avait écouté la musique et refait la chorégraphie des dizaines et des dizaines de fois durant la pré-prod, le tournage et la post-prod, au point que tout le monde les connaissait par cœur. Durant la projection du film, certains se sont mis à danser et chanter en playback sur la musique ( j’avais créé une vraie petite secte ).

J’avais ressenti qu’ils étaient heureux de présenter le film et d’y avoir participé. Pour moi, j’avais réussi ma mission principale : faire passer un bon moment à mes camarades qui avaient travaillé sur le projet. Je pense qu’on ne doit pas penser à faire de l’art pour soi, mais pour le partager.


Beaucoup de personnes sur indie-clips.com sont des cinéastes indépendants et/ou débutants. Peux-tu partager un conseil à notre public de réalisateur.ices indépendant.es qui réalisent leur premier court-métrage ?

Je suis très pudique et, lors de mon premier court-métrage, je n’ai pas du tout traité un sujet qui me tenait à cœur ; et par conséquent, j’avais du mal à trouver une accroche avec le sujet et l’histoire. Parler d’un sujet qui nous touche permet de porter le projet tout au long de son processus.

Malgré le stress et la fatigue qu’un court-métrage peut engendrer, c’est important de s’amuser, d’avoir une bonne communication avec son équipe et de lui faire confiance.

Enfin, avoir de l’autodérision parce que c’est un premier film, donc vous le trouverez forcément horrible à revoir par la suite ! Mais c’est une bonne nouvelle, ça veut dire qu’il y a une magnifique marge de progression encore !


En tant qu'alumni de l'ESRA, est-ce que tu as un conseil à nous partager pour profiter au maximum de ses études, et de ce que l'école a à offrir ?

Profitez du fait que ce soit une petite école familiale pour vous entraider entre promotions et communiquer avec vos professeurs et les autres élèves. Et allez au ciné-club s’il y en a encore un, c’est top !


Des projets à venir ? Parle-nous un peu de tes prochains travaux !

Suite à mes études, j’avais besoin de trouver un travail rapidement pour payer mon loyer; alors, un peu par hasard, je me suis retrouvée animatrice en Maison de Repos et de Soin. Et j’adore ça ! J’adore travailler avec les personnes âgées, leur faire passer de bons moments, les faire sourire et améliorer leur quotidien. Pour l’instant, j’ai mis mes projets un peu de côté pour me consacrer à mes chers petits vieux et me stabiliser un peu. Je suis peut-être un Jérôme ? Je reste pleine d’idées qui me font rêver, je suis particulièrement amoureuse de l’animation. Donc peut-être que je me lancerai dans de petits projets d’animation, et qui sait, sur les personnes âgées et leurs histoires ?

Pour l’instant je me consacre à une phrase qu’une résidente de la Maison de Repos a dite un jour à la fin d’une activité “Ca faisait longtemps que je n’avais pas ri comme ça”.


Où peut-on voir ton travail ? Comment nos amis cinéastes peuvent-ils entrer en contact avec toi ?

Mon travail est disponible sur le viméo de l’ESRA et autrement, je ne poste rien aïe aïe aïe.

Vous pouvez sinon retrouver mon travail en vous inscrivant à la Maison de Repos d’ici 60 ans.

Questions Fréquentes

Gabrielle est une réalisatrice et scénariste qui a réalisé Ensemble Pour Toujours en 2023, lors de sa deuxième année à l’ESRA. Elle s’intéresse particulièrement à l’écriture d’histoires chaleureuses, nostalgiques et réconfortantes, qui permettent aux spectateurs de rire, de rêver et de retrouver leur âme d’enfant.

Ensemble Pour Toujours est un court-métrage inspiré notamment par la nostalgie de l’enfance et l’univers des boys bands des années 1990. Le film aborde la difficulté de grandir, la perte de l’innocence et le renoncement aux rêves, tout en conservant un message optimiste autour de la possibilité de grandir sans perdre son âme d’enfant.

Gabrielle conseille notamment de parler d’un sujet qui nous touche personnellement afin de pouvoir porter le projet tout au long de sa réalisation. Elle insiste également sur l’importance de s’amuser malgré le stress et la fatigue, de communiquer avec son équipe, de lui faire confiance et de faire preuve d’autodérision lorsqu’on réalise son premier film.

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