Court ESRA du Mois #1 - Rocco, réalisé par Arthur Orselli

Luka, un jeune approchant de la trentaine a un besoin irrépressible de devenir connu et d’avoir du succès. Grâce aux réseaux sociaux et poussé par son narcissisme, il s’invente une vie et un prestige qui ne sont pas les siens. L’adrénaline du succès l’amène à commettre un meurtre qu’il filme et poste, lui permet- tant d’atteindre un succès international. Le film plonge dans les tréfonds de ce jeune, prêt à tout pour être vu.

Mai 29, 2026 - 22:24
Mis à jour: 1 jour Il y a
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Infos

Format : Court-métrage fiction, 

Durée : 17 minutes 

Genre : Néo-noire

Langue : Français, sous-titres anglais 

Tourné à Bruxelles (Belgique)

Ecrit et réalisé par Arthur ORSELLI

Rôle principal : Manoel DUPONT

Musique : Clément GRUMBERG

Court-métrage réalisé dans le cadre des études à l'ESRA Bruxelles

Synopsis

Luka, un jeune approchant de la trentaine a un besoin irrépressible de devenir connu et d’avoir du succès. N’y parvenant pas par le moyen traditionnel de la télévision, il se construit son propre suc- cès grâce aux réseaux sociaux en s’inventant une vie et un prestige qui ne sont pas les siens. Cette quête du succès est motivée par son narcissisme, grâce auquel il se crée une carapace de protection lui permet- tant de montrer au monde une image de lui brillante alors qu’il vit dans la précarité et la solitude. Animé par un désir de reconnaissance, qui l’incite à maintenir le culte de son image, il commet un meurtre qu’il filme et poste, lui permettant enfin d’atteindre un succès international. Le film plonge dans les tré- fonds de ce jeune homme qui, afin de combler son narcissisme et ses échecs, est prêt à tout pour être vu.

Indie-Clips Original Interview

Arthur, peux-tu nous en dire plus sur toi et sur ton court-métrage "Rocco" ? Qu’est-ce qui t’a inspiré à susciter une discussion autour de ce sujet ?

Rocco m’est apparu comme une évidence lorsque j’ai découvert sur Netflix le documentaire "Don’t Fk with Cats", qui raconte l’histoire vraie. J’ai tout de suite été intrigué par ce jeune, d'environ mon âge, qui était prêt à tout pour devenir connu… prêt à tuer tout en se mettant en scène. Je savais que l’intrigue policière sur ce sujet avait déjà été racontée, vue et revue. Je voulais donc trouver un angle nouveau, et plutôt plonger dans ses troubles narcissiques et sa quête des likes à tout prix. Ce qui me fascinait par-dessus tout, c’est qu’il était un loser absolu au quotidien, mais qu’il maintenait en ligne l’image d’une vie de succès : un décalage absolu.

Quel a été le plus grand défi auquel tu as été confronté lors de la production de "Rocco" ? Comment l’as-tu surmonté ?

Comment rendre à l’image sa psychologie interne ! Effectivement, un de mes plus gros défis n’était pas lié aux décors ou à la figuration en particulier, mais plutôt de réussir à rendre intéressant un court-métrage qui se passe quasiment uniquement dans un appartement, seul, et de transformer ce lieu pour qu'il devienne le reflet de son espace mental. Finalement, ce lieu désordonné, cassé, c’est un peu lui, et quand il lance sa caméra, comme par magie, tout semble beau, comme une bulle d’air. Tout mon défi a été de transmettre cela à l’image.

Peux-tu partager avec nous un moment, lors de la sortie ou de la distribution de ton court-métrage, où tu as senti qu’il avait réellement eu un impact sur le public ? Qu’as-tu ressenti, en tant que réalisateur ?

L’histoire a grandement intrigué. Les gens n’arrivaient pas à croire que l’histoire était vraie, alors que mon film est assez fidèle à la trame. Ce qui me marquera toujours, c’est que beaucoup de spectateurs étaient particulièrement choqués et marqués par (spoiler) la scène du chat. Beaucoup tournaient la tête ou ne pouvaient tout simplement pas regarder ! Des étudiants des nouvelles générations de l’ESRA aimaient bien venir m'en parler quand ils me croisaient lors d’événements. J’espère que ça a pu en inspirer quelques-uns et leur montrer les limites jusqu'auxquelles on peut pousser un film étudiant.

Beaucoup de personnes sur indie-clips.com sont des cinéastes indépendants et/ou débutants. Peux-tu partager un conseil à notre public de réalisateurs indépendants qui réalisent leur premier court-métrage ?

Rocco était mon deuxième court-métrage, après Stand-Up. Et autant j’ai pu m’amuser sur le premier, autant là j’ai appris qu’il ne fallait pas hésiter à pousser le curseur de ses idées au maximum. On n'ose pas forcément la première fois, alors que c’est absolument ce qu’il faut faire si on veut avoir un court-métrage qui marque les esprits. Donc véritablement : y aller à fond et oser.

En tant qu'alumni de l'ESRA, est-ce que tu as un conseil à nous partager pour profiter au maximum de ses études, et de ce que l'école a à offrir ?

Une des grandes chances de l’école, c’est le réseau de personnes avec qui l'on se lie. On y rencontre des profils qui ont tous des compétences différentes et utiles, et qu’on continue à côtoyer une fois le cursus terminé. Le mieux est de lancer le plus de projets ambitieux possible pendant l’école pour enrichir ses contacts ; c’est un grand levier pour la suite et pour développer de nouveaux dossiers.

Des projets à venir ? Parle-nous un peu de tes prochains travaux !

Je travaille maintenant pour un média, je réalise actuellement pour eux une série documentaire d’été qui va bientôt sortir. L’objectif est de montrer la face insoupçonnée de grandes personnalités au travers de leurs passions inattendues. C’est drôle, car ce projet fait un peu suite à Métiers (maintenant disponible sur Auvio!), une série documentaire que j’ai réalisée et montée pour Tipik après l’ESRA, et qui met en lumière les métiers insolites en Wallonie-Bruxelles. Je crois que je suis définitivement fasciné par les gens qui veulent s’émanciper de leur cadre conventionnel.

Où peut-on voir ton travail ? Comment nos amis cinéastes peuvent-ils entrer en contact avec toi ?

Pour Rocco et Stand-Up, sur le Vimeo de l’ESRA via le lien de l’école. Je suis une caricature, un portrait du caricaturiste belge Frédéric Du Bus ! Pour Métiers, sur Auvio en tapant simplement le nom ! Autrement, les gens peuvent me suivre sur Instagram et LinkedIn pour voir ce qui arrive bientôt ; je reste toujours disponible par message sur ces réseaux. C’est important de rester accessible pour ceux qui sont encore aux études quand ils ont des questions sur ce qui arrive après !

Frequently Asked Questions

Arthur s’est inspiré du documentaire Netflix Don’t F**k with Cats, qui raconte une histoire vraie. Ce qui l’a particulièrement fasciné, c’est le contraste entre l’image de succès que le personnage projetait sur les réseaux sociaux et sa réalité quotidienne beaucoup plus sombre. Plutôt que de se concentrer sur l’enquête policière, Arthur a choisi d’explorer les troubles narcissiques du personnage et sa quête obsessionnelle de reconnaissance en ligne.

Le plus grand défi a été de traduire visuellement la psychologie du personnage principal. Comme le film se déroule presque entièrement dans un appartement, Arthur a travaillé à transformer cet espace en reflet de l’état mental du protagoniste. Le décor désordonné et abîmé symbolise sa réalité, tandis que la caméra et les réseaux sociaux créent une illusion de perfection et de réussite.

Arthur encourage les jeunes réalisateurs à oser aller au bout de leurs idées et à ne pas se limiter par peur ou hésitation. Selon lui, un court-métrage marquant est souvent celui qui pousse ses intentions au maximum. Il insiste également sur l’importance de profiter des études et des projets étudiants pour développer son réseau et collaborer avec d’autres profils créatifs.

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